Pendant longtemps, j’ai cru qu’il n’existait qu’une seule façon de vivre sa spiritualité.
Cette façon, je la connaissais par cœur : les assemblées, les réunions, la communion fraternelle, les codes, les habitudes, les responsables spirituels… C’est dans cet univers que j’ai grandi.
Aujourd’hui, je ne rejette pas tout cela.
Je ne dis pas que c’est mauvais.
Je ne dis pas que je n’y retournerai jamais.
Je dis simplement que ce modèle ne me permettait plus de vivre une foi profondément alignée avec la femme que je suis devenue.
Et reconnaître cela m’a demandé beaucoup plus de courage que je ne l’aurais imaginé.
## Sortir d’un système n’est jamais simple
Quand on a grandi dans un environnement religieux, on ne remet pas tout en question du jour au lendemain.
On continue souvent parce que c’est ce qu’on a toujours connu. On se persuade que le problème vient de nous, qu’on ne prie pas assez, qu’on manque de foi ou qu’on devrait simplement faire plus d’efforts.
Pendant longtemps, j’ai fonctionné comme ça.
Pourtant, malgré toutes ces années, je restais profondément anxieuse.
Je priais, je lisais ma Bible, je faisais ce qu’on m’avait appris à faire… mais, au fond de moi, quelque chose ne s’apaisait jamais.
## Le jour où j’ai arrêté de chercher la bonne méthode
Petit à petit, j’ai arrêté de chercher la façon « correcte » de prier.
J’ai commencé à construire une pratique qui me ressemblait davantage.
Aujourd’hui, j’ai une véritable routine spirituelle.
Le matin et le soir, je récite les mêmes prières. Chaque journée possède sa propre intention. Je récite des psaumes à des moments précis de la journée et je fais aussi des déclarations en lien avec la femme que je veux devenir, mes projets, mes études, mes finances, ma discipline ou encore ma paix intérieure.
Au début, je me suis demandé si répéter toujours les mêmes prières avait vraiment du sens.
Je pensais qu’il fallait être spontanée pour être sincère. J’avais presque l’impression que répéter les mêmes mots chaque jour allait finir par les vider de leur sens.
Avec le temps, j’ai découvert exactement l’inverse.
## La répétition m’a transformée
À force de répéter ces mêmes paroles, quelque chose s’est installé en moi.
Je serais incapable d’expliquer précisément ce qui s’est passé, mais j’en vois les effets chaque jour.
Mon anxiété a diminué. Je me sens plus stable, plus sereine et, surtout, beaucoup plus en paix avec moi-même.
Bien sûr, j’ai encore des moments de stress. La vie reste la vie, avec ses imprévus et ses difficultés.
Mais je ne réagis plus comme avant.
Ces prières ne sont plus seulement des mots que je récite. Elles façonnent progressivement ma manière de penser, de réagir et d’habiter mon quotidien.
Je ne réinvente plus ma spiritualité chaque matin. Je retrouve simplement un espace qui me fait du bien.
## Une spiritualité qui assume toutes mes racines
J’ai aussi choisi de réconcilier différentes dimensions de mon histoire.
Ma culture afro-caribéenne fait partie de moi et j’ai décidé de ne plus faire comme si elle n’existait pas.
Certaines de mes pratiques ne seront peut-être pas comprises par tout le monde.
Et c’est très bien ainsi.
Je ne cherche plus à convaincre qui que ce soit. Je cherche simplement à être cohérente avec ce qui nourrit aujourd’hui ma paix intérieure.
## Je ne détiens aucune vérité
Je n’écris pas cet article pour dire aux autres comment vivre leur foi.
Je raconte simplement ce qui fonctionne aujourd’hui pour moi.
Peut-être que ma pratique évoluera. Peut-être que je retrouverai un jour une assemblée.
D’ailleurs, il en existe une en région parisienne qui garde une place particulière dans mon cœur.
Je ne ferme aucune porte.
Mais aujourd’hui, je n’ai plus besoin que ma spiritualité ressemble à celle des autres pour avoir le sentiment d’être à ma place.
## Ce que j’ai retrouvé
Pendant longtemps, je pensais que la spiritualité consistait surtout à respecter une manière de faire.
Aujourd’hui, je crois qu’elle consiste avant tout à cultiver une paix intérieure qui transforme concrètement notre manière de vivre.
Je prie toujours.
Peut-être même davantage qu’avant.
La différence, c’est que je ne prie plus par obligation. Je prie parce que cette routine est devenue un véritable point d’ancrage dans mes journées.
Et, pour la première fois depuis très longtemps, j’ai le sentiment que ma spiritualité ne nourrit plus mon angoisse. Elle nourrit ma paix.