Et si je n’avais pas peur de dépenser, mais peur de changer de standard ?

Il y a quelques semaines, je suis partie dans le Sud de la France. Un mois environ avant mon départ, j’avais réservé mon hôtel. À ce moment-là, j’avais…

Il y a quelques semaines, je suis partie dans le Sud de la France. Un mois environ avant mon départ, j’avais réservé mon hôtel. À ce moment-là, j’avais initialement choisi un quatre étoiles.

Puis, comme cela peut parfois m’arriver, j’ai regardé le prix et je me suis dit que c’était quand même cher. Je ne saurais même pas vraiment expliquer ce qui m’a traversé l’esprit. J’ai simplement eu cette hésitation : est-ce que ça vaut vraiment le coup de mettre autant dans un hôtel ?

J’ai finalement changé ma réservation pour un trois étoiles qui, au regard des commentaires et des avis, semblait être une très bonne option. Le prix était finalement assez proche de celui du quatre étoiles que j’avais initialement choisi, à quelques dizaines d’euros près. Le petit-déjeuner était même compris dans le trois étoiles, contrairement à ma réservation initiale.

Sur le papier, cela semblait donc être le choix raisonnable.

Sauf qu’une fois sur place, j’ai été déçue.

L’hôtel n’était pas catastrophique. Ce n’était pas un endroit horrible ou insalubre. Mais beaucoup de détails m’ont fait me dire que l’expérience ne correspondait tout simplement pas à ce que j’avais envie de vivre. Le petit-déjeuner dans une petite salle, le choix limité, l’ambiance générale… Rien de suffisamment grave pour en faire une mauvaise expérience, mais suffisamment pour que je me demande pourquoi j’avais finalement renoncé à mon premier choix.

Et surtout, j’ai réalisé quelque chose : j’avais laissé le prix me faire douter d’un choix que j’avais pourtant fait initialement parce qu’il me plaisait.

Quelques dizaines d’euros de différence seulement.

Et je me suis dit : j’aurais dû garder mon premier choix.

Cette expérience m’est restée en tête parce qu’elle ne parlait finalement pas vraiment d’hôtellerie. Elle parlait de moi et de ma manière de choisir.

Pendant longtemps, j’ai eu tendance à regarder d’abord ce que les choses coûtaient. Je choisissais l’option raisonnable, celle qui me semblait accessible et qui ne me faisait pas culpabiliser. Et parfois, je ne me demandais même pas si une autre possibilité existait.

Je le vois notamment avec les voyages.

Pendant des années, lorsque je réservais un train, la deuxième classe était simplement… la deuxième classe. Je ne me posais même pas la question. La première classe n’était pas vraiment une option que j’envisageais.

Et puis j’ai commencé à me dire : pourquoi pas ?

Je sais très bien ce que certains vont répondre : « Oui, mais de toute façon, on arrive au même endroit. »

C’est vrai.

Mais ce n’est pas la question.

On peut arriver au même endroit et ne pas avoir vécu la même expérience pour y arriver. Le confort est différent, l’espace est différent, l’environnement est différent, la façon dont on vit le trajet est différente.

Et aujourd’hui, je n’ai plus envie de considérer systématiquement que l’expérience doit être réduite au minimum nécessaire pour arriver à destination.

Je ne voyage d’ailleurs pas exclusivement en première classe. Lors de mon dernier séjour, nous avons fait une partie du trajet en première classe et une autre en seconde. Au retour, nous avons choisi la première classe. J’essaie simplement de trouver un équilibre entre mes envies, mon budget et l’expérience que j’ai envie de vivre.

Parce que je ne veux pas non plus apprendre à mon fils que tout doit être haut de gamme ou que l’on doit toujours choisir ce qu’il y a de plus cher.

Ce que je veux lui transmettre est différent.

Je veux lui montrer que ces expériences existent.

Je veux qu’il sache qu’un jour, s’il en a envie et s’il en a les moyens, il peut prendre un billet en première classe, choisir un bel hôtel, découvrir un restaurant qui lui fait envie ou voyager autrement.

Je veux qu’il puisse regarder ces choses sans avoir immédiatement cette petite voix qui lui dit : « Ce n’est pas pour nous. »

Parce que cette petite voix, je la connais.

J’ai moi-même eu certains blocages. Il y a des expériences que je ne m’autorisais même pas à considérer. Pas forcément parce qu’elles étaient totalement inaccessibles, mais parce que je ne les avais tout simplement pas intégrées à mon champ des possibles.

Aujourd’hui, je veux faire autrement.

Je veux que mon fils grandisse en sachant que la vie peut aussi être faite de belles choses, de découvertes, de confort et d’expériences qui sortent de l’ordinaire. Je veux qu’il puisse, plus tard, se dire : « J’ai déjà vécu ça. Je sais ce que c’est. Pourquoi pas ? »

Ce n’est pas lui apprendre que tout lui est dû.

C’est lui apprendre que tout n’est pas interdit.

Et c’est une nuance qui compte beaucoup pour moi.

Quelques jours après mon retour du Sud, nous sommes partis quelques jours dans le centre-est de la France. Cette fois, j’ai séjourné dans un quatre étoiles.

Et dès mon arrivée, j’ai senti la différence.

L’entrée, l’accueil, les espaces, les fauteuils, l’atmosphère… Tout donnait immédiatement une autre sensation.

Puis nous sommes arrivés dans la chambre.

Mon fils a regardé autour de lui et s’est exclamé : « Waouh ! C’est trop classe, c’est trop bien ! Oh, c’est top, je kiffe la chambre ! »

Et moi, je l’ai regardé et je me suis dit : voilà.

Voilà la vie que je veux aussi lui montrer.

Pas que nous devons toujours vivre dans le luxe. Pas que nous sommes au-dessus des autres. Pas que nous devons dépenser sans compter.

Mais que la vie peut aussi être belle.

Que nous pouvons nous offrir de belles expériences.

Que nous avons le droit de découvrir d’autres environnements, d’être stimulés par ce qui nous entoure et de nous ouvrir à d’autres façons de vivre.

Pendant ce séjour, j’ai noté une phrase qui résume finalement beaucoup mieux ce que je suis en train de construire que le mot « luxe » :

« Je veux que ce niveau de beauté, de confort, de stimulation et d’ouverture fasse partie de mon quotidien. »

Voilà ce que je cherche.

Je ne veux plus m’excuser d’aimer le beau. Je ne veux pas non plus avoir peur que l’on puisse penser que je suis pompeuse 🙂 parce que j’apprécie certains hôtels, certains voyages ou certaines expériences.

Ce ne sont pas nécessairement des goûts de luxe.

C’est surtout une envie de me prouver quelque chose : je suis capable de vivre ces expériences.

Me prouver que je peux entrer dans un bel hôtel sans me demander immédiatement si je « mérite » d’être là. Me prouver que je peux choisir davantage de confort lorsque mes finances me le permettent. Et accepter progressivement que certaines choses puissent simplement faire partie de ma vie.

Parce que finalement, c’est peut-être aussi cela, changer de vie.

Ce n’est pas uniquement gagner davantage d’argent ou avoir de nouveaux objectifs. C’est élargir progressivement ce que l’on considère comme possible pour soi.

Pendant longtemps, certaines choses ne faisaient tout simplement pas partie de mon univers mental. Je ne les envisageais pas. Je ne les regardais même pas comme des possibilités.

Aujourd’hui, je veux que mon champ des possibles soit plus large.

Et je veux transmettre cela à mon fils.

Je veux qu’il grandisse en sachant qu’il existe plusieurs façons de vivre, plusieurs façons de voyager, plusieurs niveaux de confort, plusieurs environnements et plusieurs expériences.

Je veux qu’il puisse choisir.

Pas qu’il choisisse toujours le plus cher.

Pas qu’il pense que le luxe est une obligation.

Mais qu’il ne s’interdise pas une expérience uniquement parce qu’il a appris qu’elle n’était « pas pour lui ».

C’est aussi pour cela que cette histoire d’hôtel m’a autant fait réfléchir.

Parce qu’au fond, le sujet n’est pas vraiment de savoir si je préfère les trois ou les quatre étoiles.

Le sujet, c’est de savoir à partir de quel endroit je fais mes choix.

Est-ce que je choisis parce que c’est réellement ce qui me convient ?

Ou est-ce que je choisis parce que j’ai peur du prix, du regard des autres ou simplement parce que j’ai toujours fait comme ça ?

Aujourd’hui, j’ai envie de choisir davantage à partir de ce que je veux vivre.

Cela ne signifie pas que je vais tout acheter, tout réserver ou toujours prendre l’option premium. Cela signifie simplement que je vais regarder les possibilités avant de les écarter.

Si une expérience me plaît, qu’elle correspond à mes finances et qu’elle a du sens pour moi, je ne veux plus automatiquement la refuser parce qu’elle coûte un peu plus cher.

Parce que parfois, quelques dizaines d’euros ne changent pas la destination.

Mais ils peuvent changer considérablement l’expérience.

Et peut-être que la vraie évolution, pour moi, est là.

Ne plus chercher uniquement à savoir ce que je peux économiser.

Commencer aussi à me demander : qu’est-ce que j’ai envie de vivre ?

Je ne veux pas transmettre le luxe à mon fils.

Je veux lui transmettre quelque chose de beaucoup plus précieux : l’absence de plafond.

Naomi

Une femme, un fils, une mission. J’écris pour honorer, pour comprendre, pour laisser une trace.

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