À toi, mon frère.

Tu es parti trop tôt. Fauché par la vie. Fauché par un accident. Fauché par un destin qui m’a arraché une partie de moi. Tu n'avais que 25 ans. Tu…

Tu es parti trop tôt.
Fauché par la vie.
Fauché par un accident.
Fauché par un destin qui m’a arraché une partie de moi.

Tu n’avais que 25 ans.

Tu n’étais pas juste mon petit frère.
Tu étais mon fils.
Mon bébé.
Mon binôme.
Mon miroir.

On était fusionnels, viscéralement liés.
Il y avait entre nous ce langage sans mots, cette tendresse directe, sans détour.

On était nés le même mois, en septembre.
Comme une signature divine.
Comme si tout avait été fait pour qu’on soit connectés, du début à la fin.
Un fil rouge invisible, mais solide.
Inaltérable.

Tu m’as transmis ta passion pour le foot —
Et surtout pour le PSG, ton équipe, ton cri, ton feu.
Aujourd’hui encore, chaque match me ramène à toi.
À tes gestes.
À tes rires.
À ta fougue.

Être ta grande sœur a été un cadeau,
une responsabilité douce,
une fierté immense.

Et puis il y a une chose…
Une promesse.
Une de celles qu’on ne formule pas à la légère :
On s’était dit que nos enfants grandiraient ensemble.
Qu’ils seraient liés, qu’on ferait tout pour qu’ils soient unis, soudés, complices.

Mais tu es parti sans avoir eu le temps d’être père.
Et moi, je ne serai jamais Tatie.
Et je ne sais même pas si c’est une blessure ou un regret,
mais ce vide-là, je le ressens profondément.
C’est une part de futur qui s’est effacée,
un rêve que je n’arrive pas à enterrer.


Depuis le collège, je disais que mon premier enfant serait un garçon.
Qu’il s’appellerait Giovanni.
Un charmeur, clair de peau.
Je l’ai dit. Je l’ai affirmé.
Et j’ai tenu parole.

Il est là.
Il est tout ce que j’avais imaginé.
Et je sais que tu l’aurais aimé.
Je sais aussi qu’il t’aurait aimé, sans condition.

Je rêve parfois de vous voir ensemble.
De vos rires.
De vos matchs.
De vos blagues.
Mais ce lien n’aura pas eu le temps d’exister… dans cette vie.


Et puis il y a cette chose dont je ne parle pas souvent.
Cette chose qui m’a brisée et que j’ai pourtant portée jusqu’au bout.

La chose la plus difficile que j’ai eu à faire de toute ma vie,
ça a été de choisir ton cercueil.
D’organiser tes souvenirs.
De mettre un point final à ta présence physique.

Parmi tout ce que j’ai vécu, rien n’a été plus dur.
Plus brutal.
Plus irréel.

Mais j’ai tenu.
Parce que je voulais que ton dernier passage sur cette Terre soit à la hauteur de ce que tu représentais pour moi.

Je voulais que ce dernier hommage soit empreint de dignité, d’amour, de respect.
Et je crois que tu l’as senti.
Je crois que, là où tu es, tu sais.


Pour toi, je me tiens droite.
Pour toi, je reste debout.
Pour toi, je continue.
Mais pas sans toi.

Je ne t’oublierai jamais Ezéchiel.

Naomi

Une femme, un fils, une mission. J’écris pour honorer, pour comprendre, pour laisser une trace.

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