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Depuis quelque temps, je m’intéresse de plus en plus aux archétypes masculins.

Pas simplement pour savoir « quel type d’homme me plaît », mais pour comprendre quelque chose de beaucoup plus précis : quel masculin pourrait être réellement complémentaire de mon propre fonctionnement archétypal ?

Parce que si je devais résumer ma dynamique actuelle, je partirais de deux archétypes : la Sage comme archétype d’essence et la Guerrière comme archétype activé.

La Sage représente ce qui est profondément ancré en moi : le besoin de comprendre, de prendre du recul, d’observer, de discerner, de donner du sens aux expériences et de ne pas agir sans avoir compris ce qui se joue.

La Guerrière, elle, représente une énergie que j’ai particulièrement développée. Elle s’est activée avec les expériences de ma vie et les situations dans lesquelles j’ai dû avancer, décider, me défendre, prendre les choses en main et ne pas attendre que quelqu’un vienne le faire à ma place.

Et aujourd’hui, je ne parle plus de ces archétypes dans leur version défensive ou immature.

Je parle d’une Sage mature et d’une Guerrière mature.

C’est important, parce que cela change complètement la question.

Je ne cherche pas l’homme qui viendrait « réparer » quelque chose chez moi.

Je ne cherche pas non plus celui qui serait simplement capable de me dominer parce que je serais une femme trop indépendante.

Et je ne cherche certainement pas un homme qui corresponde mécaniquement à un archétype féminin parce qu’il porterait le même nom.

Ce qui m’intéresse, c’est la complémentarité.

Qu’est-ce qu’un Roi mature pourrait apporter à une Sage et une Guerrière ?

Qu’est-ce qu’un Guerrier mature pourrait provoquer dans cette dynamique ?

Est-ce qu’un Sage masculin serait réellement complémentaire de ma Sage, ou risquerait-il au contraire de renforcer certaines de mes propres tendances ?

Et surtout : quel masculin pourrait me permettre d’être pleinement moi-même sans m’obliger à être constamment dans ma capacité à gérer ?

C’est cette dernière question qui m’a récemment donné une réponse beaucoup plus concrète que toutes mes réflexions théoriques.

Je devais partir en week-end pour mon anniversaire avec mon fils. Avec les perturbations des transports, j’avais anticipé et demandé, on l’appellera Monsieur Présent, s’il pouvait nous déposer à la gare.

Il avait dit oui.

Puis un imprévu l’a empêché de rentrer à temps d’un déplacement professionnel. Il a dû dormir sur place.

Il aurait pu simplement me prévenir : « Je ne pourrai finalement pas venir. »

Et j’aurais compris. Surtout, je me serais débrouillée.

J’aurais trouvé un autre moyen de transport, appelé un VTC, réorganisé mon départ. Ce n’était pas une catastrophe. Il sait parfaitement que je suis capable de faire ce genre de choses.

Mais il n’a pas choisi cette option.

Il a cherché quelqu’un pour venir me chercher et nous déposer à la gare.

Puis, comme il connaissait l’heure de mon train, il a continué à vérifier que tout se passait bien : est-ce que j’étais arrivée ? Est-ce que j’étais dans le train ?

Et je me suis dit : « Voilà. C’est exactement ça. »

Ce n’est pas le fait qu’il m’ait évité un problème qui m’a touchée.

C’est le fait qu’il savait que je pouvais le résoudre et qu’il a quand même décidé de le prendre en charge.

Et c’est là que ma réflexion sur les archétypes masculins devient particulièrement intéressante.

Parce que je crois que ce que je recherche n’est pas un homme qui soit plus fort que ma Guerrière.

Je recherche un homme suffisamment solide pour que ma Guerrière n’ait pas besoin d’être constamment en fonction.

Je ne veux pas qu’on me retire mon pouvoir.

J’ai simplement envie de pouvoir choisir quand je l’utilise.

Et je crois que c’est précisément là que certains archétypes masculins deviennent particulièrement intéressants à observer.

# Le Roi : celui qui me permet de déposer les armes #

S’il y a un archétype qui revient naturellement dans ma réflexion, c’est celui du Roi.

Mais pas le Roi dans sa version caricaturale : celui qui doit décider de tout, avoir le dernier mot et rappeler en permanence qu’il est « l’homme de la maison ».

Ça ne m’attirerait pas particulièrement. Je pense même que cela réveillerait très rapidement ma Guerrière.

Le Roi mature m’intéresse pour une autre raison : il porte la responsabilité sans avoir besoin de retirer celle de l’autre.

Il peut prendre une décision. Il peut organiser. Il peut anticiper. Il peut sécuriser. Il peut être celui qui dit « je m’en occupe » et qui, surtout, ne se contente pas de le dire.

C’est probablement l’une des raisons pour lesquelles l’anecdote du train m’a autant touchée. Ce n’était pas une démonstration de pouvoir. C’était une démonstration de prise en charge.

Et je crois qu’il y a quelque chose d’encore plus profond derrière cette envie.

Ma Guerrière est forte, mais elle est aussi fatiguée.

Elle a tellement longtemps dû anticiper, décider, organiser, résoudre, tenir, qu’elle a fini par considérer que c’était presque normal de tout gérer.

Mais savoir faire n’est pas forcément avoir envie de continuer à tout faire.

Aujourd’hui, je crois que j’ai besoin d’un homme qui puisse regarder cette femme-là et lui dire, sans avoir besoin de la diminuer : « Je sais que tu gères. Je sais que tu es aux commandes de ta vie. Je sais que tu as l’œil sur tout. Et j’admire profondément ça chez toi. Mais maintenant, laisse-moi faire. »

C’est très différent de prendre le pouvoir sur moi.

C’est prendre le relais.

Et je crois que c’est précisément ce qui peut permettre à ma Guerrière de se reposer.

Pas parce qu’elle serait devenue moins forte. Pas parce qu’elle aurait besoin d’être sauvée. Mais parce qu’elle saurait qu’à côté d’elle, il y a quelqu’un qui peut réellement porter sa part.

Quelqu’un qui pense aussi à elle. À son bien-être. À ce qui pourrait lui faire du bien.
À ce qu’elle n’a pas besoin de penser elle-même.

Quelqu’un dont la posture, la présence et le charisme rendent les choses suffisamment claires pour qu’elle n’ait pas à se demander en permanence : « Est-ce que je peux lui faire confiance ? Est-ce qu’il va gérer ? Est-ce que je vais devoir reprendre les choses en main ? »

Elle peut simplement souffler. Et je crois que c’est peut-être cela que je découvre aujourd’hui.

Qu’elle peut aussi consister à être suffisamment libre pour choisir de me reposer sur quelqu’un, sans perdre ma capacité à me relever seule.

Et peut-être que c’est pour cela que Monsieur Présent m’a autant interpellée.

Je ne sais pas si cet homme sera celui qui restera dans ma vie. Peut-être que oui. Peut-être que non.

Mais j’ai le sentiment que la vie m’a montré quelque chose à travers lui.

Comme une expérience très concrète qui viendrait me demander : « Est-ce que c’est vraiment cela que tu veux ? »

Est-ce que tu veux encore être celle qui gère tout, tout le temps ?

Ou est-ce que tu veux désormais connaître ce que cela fait d’avoir quelqu’un à côté de toi qui voit que tu gères, qui admire que tu gères, mais qui choisit malgré tout de prendre soin de toi ?

Et la réponse, aujourd’hui, est devenue beaucoup plus claire.

Oui.

Je veux pouvoir déposer mes armes.

Je veux pouvoir revenir parfois vers le volant, parce que je sais que ma Guerrière ne disparaîtra jamais complètement et que, parfois, elle prendra naturellement les commandes.

Mais je veux aussi pouvoir entendre, dans la posture d’un homme : « Je suis là. Tu peux me laisser faire. »

Et sentir que ce n’est pas une promesse.

C’est une réalité.

Le Roi mature pourrait donc être particulièrement complémentaire de ma Guerrière.

Mais il pourrait aussi l’être de ma Sage, parce qu’il ne chercherait pas nécessairement à entrer dans une compétition intellectuelle avec elle. Il pourrait écouter son analyse, prendre en compte son discernement et parfois même lui laisser le dernier mot.

Et surtout, il pourrait comprendre quelque chose d’essentiel : me laisser gérer certaines choses ne signifie pas qu’il perd sa place.

Il peut prendre le volant. Et il peut aussi me le laisser.
Sans que cela devienne une crise identitaire.

C’est peut-être finalement aussi simple que ça : « Je sais que tu gères, mais je veux gérer pour toi. »

# Le Guerrier : celui qui peut marcher à côté de ma Guerrière #

Le deuxième archétype qui m’intéresse est évidemment le Guerrier.

Sur le papier, cela pourrait sembler risqué.

Une Guerrière face à un Guerrier : deux personnes capables d’agir, de décider, de prendre des initiatives. Deux tempéraments qui peuvent avoir du caractère.

Cela pourrait donner une magnifique équipe. Ou une compétition permanente.
Tout dépend de la maturité.

Le Guerrier immature cherchera à gagner. Le Guerrier mature cherchera à avancer.
Et cette différence change tout.

Un Guerrier mature pourrait être très stimulant pour moi parce qu’il ne serait pas intimidé par mon énergie d’action. Il ne me demanderait pas de devenir moins ambitieuse, moins déterminée ou moins autonome pour se sentir masculin.

Il pourrait simplement me regarder et penser : « Très bien. Elle sait faire. Moi aussi. Voyons ce qu’on peut construire ensemble. »

Ce serait probablement une relation très dynamique, avec beaucoup de projets, d’initiatives, de mouvement.

Mais j’identifie aussi une limite.

Si les deux partenaires sont constamment dans l’action, qui se repose ?

Et c’est précisément pour cette raison que, pour moi, le Guerrier seul ne serait probablement pas suffisant.

J’ai déjà beaucoup de Guerrière en moi.

Ce que je recherche aujourd’hui n’est pas nécessairement quelqu’un qui augmente encore cette énergie.

J’ai davantage besoin de quelqu’un qui puisse me permettre de l’utiliser quand j’en ai envie, mais aussi de la déposer quand je n’en ai plus besoin.

# Le Sage : celui qui pourrait réellement me comprendre #

Le Sage masculin est probablement l’archétype qui pourrait créer le plus facilement une connexion intellectuelle avec moi.

Nous pourrions parler pendant des heures. Analyser les comportements humains.
Refaire le monde.
Questionner les évidences.
Partager des réflexions.
Explorer des sujets en profondeur.

Et comme mon langage affectif est le temps de qualité, cette dimension est loin d’être secondaire pour moi.

Je ne suis pas particulièrement séduite uniquement par une personne qui me dit qu’elle m’aime.

J’ai besoin de vivre du temps avec elle.
De partager des moments.
De sentir qu’elle est véritablement présente.

Une conversation profonde, un dîner où nous avons réellement le temps de parler, une promenade, un week-end ensemble, regarder quelque chose et ensuite en discuter, faire une activité à deux… tout cela peut avoir énormément de valeur pour moi.

Donc un Sage mature pourrait parfaitement nourrir cette partie-là.

Mais là encore, il y a un risque.

Deux personnes qui réfléchissent énormément peuvent finir par vivre davantage dans la compréhension que dans l’action.

Et moi, je ne suis pas seulement une femme qui pense.

Je suis une femme qui agit.

Donc un homme qui serait brillant mais constamment dans l’analyse, incapable de prendre des décisions ou de passer au concret, finirait probablement par réveiller ma Guerrière.

Je pourrais très vite devenir celle qui organise, décide, tranche et fait avancer les choses.

Et nous reviendrions exactement au schéma que je cherche aujourd’hui à faire évoluer.

Le Sage peut donc être très complémentaire de ma Sage, mais il doit être suffisamment incarné pour ne pas me laisser porter toute la dimension opérationnelle du couple.

# Le Père : la sécurité, mais avec une vigilance particulière #

Il y a aussi un archétype que je ne voudrais pas écarter trop rapidement : le Père.

Dans sa version mature, il peut représenter la stabilité, la protection, la transmission, la responsabilité et la capacité à prendre soin de son environnement.

Certaines de ces qualités peuvent évidemment être très rassurantes pour une femme qui a développé une forte autonomie.

Mais c’est aussi celui pour lequel je serais la plus vigilante.

Parce qu’entre prendre soin d’une femme et la traiter comme une enfant, la frontière peut devenir très fine.

Je n’ai absolument pas besoin d’un homme qui me dise quoi faire, qui décide à ma place ou qui considère qu’il sait mieux que moi ce qui est bon pour moi.

Je peux apprécier qu’un homme prenne soin de moi.
Je n’ai pas besoin qu’il m’éduque.

Le Père mature pourrait donc être complémentaire, mais uniquement s’il respecte pleinement mon autonomie adulte.

# L’Amant : celui qui réintroduit le plaisir #

Et puis il y a l’Amant.

Celui-là pourrait être particulièrement intéressant dans mon cas parce que la Sage et la Guerrière peuvent facilement devenir très fonctionnelles.

Réfléchir.
Décider.
Organiser.
Agir.
Avancer.

L’Amant vient rappeler qu’une relation n’est pas un projet à optimiser.

C’est aussi du plaisir.
Du désir.
De la sensualité.
De la beauté.
De la spontanéité.
Du temps partagé sans objectif particulier.

Et là encore, mon langage affectif du temps de qualité prend toute son importance.

Parce que le temps de qualité ne signifie pas nécessairement avoir de grandes conversations profondes ou résoudre quelque chose ensemble.

Cela peut simplement être : être ensemble et apprécier d’être ensemble.

Un homme avec une dimension d’Amant mature pourrait donc apporter quelque chose que le Roi seul ne m’apporterait peut-être pas suffisamment : la légèreté.

Le plaisir de sortir.
De partir quelque part.
De dîner.
De rire.
De se retrouver.
De créer des souvenirs.

Et je pense que cette dimension est importante pour moi.

Parce que si je cherche un homme capable de « gérer pour moi », je ne veux surtout pas que notre relation devienne une nouvelle organisation logistique dans laquelle il serait simplement devenu mon gestionnaire.

Je veux aussi vivre.

Alors, lequel serait réellement le plus complémentaire de moi ?

Après avoir posé tout cela, je ne pense pas qu’il y ait une réponse aussi simple que : « Il me faut un Roi. »

Je dirais plutôt que le Roi est probablement mon archétype masculin central, mais qu’il aurait intérêt à être accompagné d’autres dimensions.

Je pourrais très bien être attirée par un homme dont la dominante est le Roi, avec une forte dimension Guerrier, une vraie profondeur de Sage et suffisamment d’Amant pour que la relation ne devienne pas uniquement fonctionnelle.

Et c’est peut-être là que ma propre combinaison devient intéressante.

Ma Sage a besoin d’un homme capable de la rencontrer dans la profondeur.

Ma Guerrière a besoin d’un homme qui ne soit pas intimidé par sa puissance.

Mais la femme que je suis aujourd’hui a aussi envie de pouvoir recevoir.

De pouvoir souffler.
De pouvoir profiter.
De pouvoir être présente dans une relation sans être systématiquement celle qui anticipe ce qui doit être fait.

Je ne cherche pas un archétype masculin parfait.

Je cherche une masculinité mature.

Un homme qui peut être Roi sans être autoritaire.

Guerrier sans être dans le rapport de force.

Sage sans être dans la supériorité intellectuelle.

Père sans être paternaliste.

Amant sans être uniquement dans la séduction.

Et surtout, un homme capable de comprendre qu’une femme autonome ne demande pas forcément qu’on la laisse tranquille.

Parfois, elle demande exactement l’inverse.

Elle demande qu’on soit là.
Vraiment là.

Et c’est là que le temps de qualité entre en jeu.

Parce que pour moi, être présent ne signifie pas seulement répondre quand j’ai un problème.

C’est aussi avoir envie de partager du temps avec moi alors qu’il n’y a rien à régler.

C’est choisir d’être avec moi.
Pas seulement de m’aider.
Pas seulement de me protéger.
Pas seulement de me séduire.
D’être avec moi.

Je crois finalement que c’est peut-être cela que je recherche dans le masculin aujourd’hui : un homme qui soit suffisamment solide pour prendre le relais quand j’ai besoin de déposer mes armes, suffisamment sécurisé pour me laisser reprendre le volant quand j’en ai besoin, et suffisamment présent pour que notre relation ne soit pas seulement une association efficace entre deux adultes autonomes.

Parce que je n’ai pas besoin d’un homme pour fonctionner.

Je fonctionne très bien toute seule.

Mais je crois que je suis aujourd’hui beaucoup plus intéressée par ce que peut devenir ma vie lorsque je n’ai plus besoin de tout porter seule.

Et peut-être que la véritable complémentarité entre ma Sage, ma Guerrière et un homme ne se trouve pas dans la question de savoir qui domine.

Elle se trouve dans celle-ci :

Est-ce que cet homme me donne suffisamment de sécurité pour que je puisse choisir, librement, quand être forte et quand simplement être une femme qui se laisse porter ?

C’est probablement là que je reconnaîtrai mon véritable complément masculin.

Naomi

Une femme, un fils, une mission. J’écris pour honorer, pour comprendre, pour laisser une trace.

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