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Il y a quelque temps, j’écrivais un premier article sur ma découverte des archétypes féminins : « Ma découverte des archétypes féminins ». Si tu souhaites découvrir mon premier cheminement autour de ce sujet, tu peux le lire [ici](https://naomi-louis.bearblog.dev/144-ma-d%C3%A9couverte-des-arch%C3%A9types-f%C3%A9minins/?utm_source=chatgpt.com).

À cette époque, je débutais dans cet univers. Je lisais, je cherchais, je faisais des liens avec ma personnalité et surtout, j’essayais de comprendre pourquoi certains archétypes me parlaient davantage que d’autres.

À l’époque, j’avais identifié la Sage comme mon archétype d’essence. La Reine avait, quant à elle, pris beaucoup de place dans ma vie et je l’avais donc identifiée comme mon archétype dominant.

La Mystique était mon archétype refoulé et la Mère mon archétype fantasmé.

Avec le recul, je réalise que mon intuition n’était finalement pas si mauvaise. Mais je n’avais pas encore les clés pour comprendre une distinction essentielle : ce que nous sommes profondément n’est pas forcément ce que nous avons appris à être.

Et c’est précisément là que ma réflexion sur les archétypes a pris une autre dimension.

## Les archétypes ne sont pas des cases dans lesquelles nous devons entrer

Plus j’avance dans mes recherches, plus je comprends que les archétypes ne peuvent pas être réduits à une simple liste de traits de personnalité.

Ils peuvent être envisagés comme des énergies, des modes de fonctionnement, des ressources que nous mobilisons selon les périodes de notre vie, notre environnement, notre histoire et les situations auxquelles nous sommes confrontés.

Chaque archétype possède d’ailleurs différentes facettes. Il y a ce qu’il peut exprimer de plus constructif, mais aussi ce qui peut devenir excessif lorsqu’il prend trop de place.

Et surtout, un archétype peut être profondément présent en nous sans être celui que nous manifestons le plus au quotidien.

C’est cette nuance qui m’a permis de relire mon propre fonctionnement différemment.

Aujourd’hui, si je devais résumer mon système archétypal, je dirais ceci : la Sage est mon essence, la Guerrière est celle que la vie a activée, la Reine est une énergie que je possède mais qui n’est pas mon centre, la Mystique représente une partie de moi que je n’ai pas encore pleinement assumée, et la Mère correspond davantage à une projection, à quelque chose que je fantasme.

Mais commençons par celles qui occupent aujourd’hui le plus de place dans ma compréhension de moi-même.

# La Sage : mon archétype d’essence

La Sage est probablement l’archétype dans lequel je me reconnais le plus profondément. Et avec le recul, je comprends mieux pourquoi.

Je suis quelqu’un qui cherche à comprendre. Je ne peux pas simplement accepter une information parce qu’on me dit qu’elle est vraie. J’ai besoin de creuser, d’analyser, de mettre en perspective, de chercher les mécanismes derrière les choses.

Comprendre est chez moi un besoin.

La connaissance fait partie de mes piliers d’épanouissement. J’aime apprendre, rechercher, observer, faire des connexions entre des informations qui, au départ, semblent parfois complètement différentes. J’aime également transmettre. Lorsque j’apprends quelque chose qui m’intéresse, j’ai rapidement envie de le partager, de l’expliquer, de le rendre accessible.

Et je pense que c’est aussi pour cela que je suis naturellement très stratégique. J’aime avoir une vision d’ensemble : comprendre où nous sommes, pourquoi nous sommes là, ce qui pourrait arriver ensuite et quelles options sont possibles.

Je peux fonctionner rapidement, mais mon fonctionnement naturel reste l’observation. J’analyse, j’anticipe, je prends du recul et je cherche à comprendre avant d’agir.

Et même lorsque je prends une décision rapidement, il y a généralement quelque chose derrière : une intuition, un ressenti, une information que j’ai captée sans forcément pouvoir immédiatement l’expliquer.

Je ne fonctionne donc pas uniquement avec la logique. Je fonctionne avec un mélange de logique, d’observation et d’intuition.

La Sage m’aide également à prendre de la distance avec mes émotions. Cela ne signifie absolument pas que je ne ressens rien. Bien au contraire, je peux ressentir énormément de choses. Mais j’ai tendance à chercher à comprendre ce que je ressens plutôt qu’à me laisser immédiatement emporter par celui-ci.

Je peux être calme, posée, silencieuse. Et pourtant, je peux aussi être un véritable volcan. Je n’ai simplement pas besoin de parler fort pour être entendue.

Je crois que c’est aussi une des raisons pour lesquelles certaines personnes ont parfois pu me percevoir comme froide, distante, hautaine ou difficile à approcher. Je peux donner cette impression parce que j’observe, parce que je prends de la distance et parce que je ne ressens pas nécessairement le besoin de remplir les silences.

Je ne donne pas immédiatement accès à mon monde intérieur.

Cette distance est parfois une force. Mais elle peut aussi devenir une forme de protection.

La Sage a également ses travers. Elle peut chercher à comprendre tellement longtemps qu’elle finit par retarder l’action. Elle peut suranalyser, chercher encore une information, encore un élément, encore une confirmation.

Et parfois, derrière cette volonté de comprendre, il peut simplement y avoir la peur de se tromper.

C’est là que mon archétype refoulé vient probablement jouer un rôle. Mais j’y reviendrai dans un autre article.

# La Guerrière : celle que la vie a activée

C’est probablement ici que mon analyse est devenue la plus intéressante, parce que je ne m’attendais pas forcément à retrouver la Guerrière aussi fortement dans mon fonctionnement.

Et pourtant, quand je regarde mon histoire, elle est partout.

Je crois que j’ai appris très tôt à me battre, à me défendre, à contester, à ne pas accepter et à faire face.

Dans ma famille, j’ai très vite été confrontée à des situations qui m’ont donné le sentiment de devoir porter des responsabilités et des combats qui n’étaient pas nécessairement les miens. J’ai longtemps ressenti une forme d’injustice : l’injustice de ne pas pouvoir simplement vivre mon enfance, de devoir porter certaines choses et de devoir composer avec des problématiques qui dépassaient ma place d’enfant.

Et je crois qu’à l’époque, je n’avais pas forcément les mots pour expliquer tout cela. Alors j’ai fait ce que je savais faire : je me suis battue.

La confrontation est devenue une manière d’exister, une manière de faire respecter mes limites et de défendre ce que je considérais comme juste.

Et avec le temps, ma famille a aussi appris à me voir comme celle qui allait au combat.

Quand tout allait bien, chacun gérait sa vie. Mais dès qu’il y avait un problème, on savait qui appeler : un problème administratif, un courrier à rédiger, un droit à faire respecter, une situation conflictuelle, une démarche à entreprendre… on venait me chercher.

Je savais chercher les informations, comprendre les règles, défendre un dossier, faire valoir des droits. Et surtout, je n’avais pas particulièrement peur du conflit.

Je pouvais entrer dans une procédure et aller jusqu’au bout. Je pouvais être très déterminée, très dure aussi.

Et je pense que certaines personnes qui ont travaillé avec moi pourraient facilement confirmer cette phrase : mieux vaut ne pas se mettre inutilement sur mon chemin.

Pas parce que je cherche le conflit. Mais parce que lorsque je considère qu’une limite a été franchie, quelque chose s’active en moi.

Et cette Guerrière peut devenir redoutable.

# Une Guerrière qui a appris à choisir ses combats

Pendant longtemps, je pensais que le problème était peut-être que j’étais trop dans la confrontation. J’étais très radicale dans ma manière de fonctionner.

Pour moi, il y avait facilement un « oui, c’est oui » et un « non, c’est non ». J’ai longtemps eu beaucoup de mal avec les zones grises. Et encore aujourd’hui, je peux avoir un fonctionnement très tranché.

Mais la différence, c’est que j’ai appris à choisir mes combats.

Avant, lorsqu’une situation me semblait injuste, j’avais besoin de réagir. Aujourd’hui, je peux décider de ne rien faire.

Et ce changement est beaucoup plus important qu’il n’en a l’air.

Parce que renoncer à un combat n’est plus, pour moi, synonyme de faiblesse. C’est parfois une décision stratégique.

Récemment encore, j’ai vécu une situation dans laquelle, quelques années auparavant, je serais probablement entrée directement dans la confrontation. Cette fois, j’ai choisi d’ignorer.

Et je me suis rendue compte que ce choix était peut-être justement le signe que quelque chose avait changé.

Je n’ai plus besoin de gagner tous les combats.

Je peux décider lesquels méritent mon énergie. Je peux laisser certaines choses passer. Je peux accepter que tout le monde ne voie pas les choses comme moi.

Et surtout, je peux utiliser ma Guerrière autrement.

Elle n’a pas disparue. Elle est simplement devenue plus consciente.

# La liberté : une valeur non négociable

La Guerrière explique aussi beaucoup de choses dans ma manière d’envisager les relations.

La liberté est extrêmement importante pour moi. Je ne me vois pas construire une relation avec un homme qui chercherait à contrôler ma vie, à limiter mon indépendance ou à décider à ma place. Cela ne pourrait tout simplement pas fonctionner.

Pour moi, une relation est un partenariat. Deux personnes autonomes qui choisissent de construire quelque chose ensemble.

Je peux aimer profondément. Je peux avoir des sentiments. Je peux être engagée. Mais je ne veux pas être possédée. Et je ne veux pas non plus posséder.

J’ai besoin de conserver mon espace, ma liberté de penser, de décider et d’exister.

C’est probablement là encore une expression de cette Guerrière qui refuse de se laisser enfermer.

Mais avec le temps, j’apprends aussi que défendre sa liberté ne signifie pas nécessairement être constamment dans l’opposition.

La vraie liberté peut aussi consister à ne pas réagir, à ne pas se justifier, à ne pas convaincre, à ne pas entrer dans tous les rapports de force.

Et c’est précisément là que la Sage commence à reprendre sa place.

# Et la Reine dans tout ça ?

Je comprends mieux aujourd’hui pourquoi je m’étais autant identifiée à la Reine dans mon premier article.

Elle me ressemble sur de nombreux aspects. J’aime structurer, organiser, diriger, construire, avoir une vision, prendre des décisions, créer des systèmes et mettre de l’ordre dans le chaos.

J’ai également un rapport assez naturel au leadership. Je peux prendre les choses en main, décider, porter une vision et chercher les moyens de la rendre concrète.

La Reine est donc bien présente chez moi, mais elle n’est pas mon essence, ni mon activé. Et surtout, elle n’explique pas tout.

Avec le recul, je pense que j’avais peut-être davantage identifié ce que je faisais que ce que je suis.

La Reine décrit une partie de mes compétences et de mon fonctionnement. Mais la Sage explique beaucoup mieux mon besoin profond de comprendre, d’apprendre, d’analyser et de transmettre.

Et la Guerrière explique davantage pourquoi j’ai dû apprendre à me battre pour arriver jusqu’ici.

# Ce que je comprends aujourd’hui

Si je devais résumer mon évolution en une phrase, ce serait probablement celle-ci :

J’ai longtemps fonctionné comme une Guerrière alors que je suis profondément une Sage.

La Guerrière m’a permis de survivre à certaines périodes. Elle m’a permis de me défendre, de poser des limites, de ne pas me laisser écraser, de défendre mes droits et d’affronter les situations difficiles.

Elle a été nécessaire.

Je ne veux donc pas la rejeter. Elle fait partie de moi.

Mais je ne veux plus qu’elle dirige ma vie.

Parce qu’aujourd’hui, je n’ai plus envie d’être constamment en guerre. J’ai envie de comprendre, de construire, de transmettre, de créer, d’apprendre, de choisir, de réfléchir avant d’agir.

Et surtout, j’ai envie que ma force ne soit plus uniquement visible dans ma capacité à résister.

J’ai envie qu’elle soit également visible dans ma capacité à créer.

C’est peut-être cela, finalement, le véritable changement.

Passer de la survie à la construction.

Passer de « Je dois me battre pour obtenir ma place » à :

« Je sais qui je suis, je sais ce que je veux et je choisis où je mets mon énergie. »

La Guerrière m’a appris à me défendre.

La Sage m’apprend maintenant à discerner.

Et peut-être que la prochaine étape de mon chemin consiste justement à laisser davantage de place à cette femme-là.

Celle qui n’a plus besoin d’être constamment en guerre pour savoir qu’elle est forte.

# Et les autres archétypes ?

Il reste deux archétypes dont je n’ai volontairement pas beaucoup parlé ici.

La Mystique, qui représente une part de moi longtemps mise à distance et que je considère comme mon archétype refoulé.

Et la Mère, qui occupe une place particulière dans mon imaginaire et dans ce que je projette.

Je les ai volontairement laissées en arrière-plan parce qu’elles méritent, à elles seules, une véritable réflexion.

Alors ce sera l’objet de prochains articles.

Parce que finalement, plus j’avance dans cette exploration, plus je réalise une chose :

se connaître, ce n’est pas simplement découvrir qui l’on est.

C’est aussi comprendre pourquoi nous sommes devenues celles que nous sommes.

Naomi

Une femme, un fils, une mission. J’écris pour honorer, pour comprendre, pour laisser une trace.

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