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Après avoir exploré mes différents archétypes, il me restait à comprendre celui qui, chez moi, occupe une place particulière : la Mère, mon archétype fantasmé.

Dans mon premier article, « Ma découverte des archétypes féminins », je racontais mes premières recherches et les intuitions que j’avais eues à ce moment-là.

[Lire l’article 144 — Ma découverte des archétypes féminins](https://naomi-louis.bearblog.dev/144-ma-d%C3%A9couverte-des-arch%C3%A9types-f%C3%A9minins/?utm_source=chatgpt.com)

J’ai ensuite approfondi la différence entre mon archétype d’essence, la Sage, et mon archétype activé, la Guerrière.

[Lire l’article 155 — Ce que mes archétypes m’ont appris sur moi : entre la Sage et la Guerrière](https://naomi-louis.bearblog.dev/155-ce-que-mes-archetypes-mont-appris-sur-moi-entre-la-sage-et-la-guerriere/?utm_source=chatgpt.com)

Puis je me suis intéressée à la Mystique, mon archétype refoulé, cette partie de moi que j’ai longtemps tenue à distance avant d’apprendre à l’assumer.

[Lire l’article 156 — La Mystique : l’archétype que j’ai longtemps refoulé](https://naomi-louis.bearblog.dev/156-la-mystique-larchetype-que-jai-longtemps-refoule/?utm_source=chatgpt.com)

Il reste donc la Mère.

Et contrairement aux autres, elle n’est ni mon essence ni une énergie que j’ai particulièrement activée.

C’est celle que je fantasme.

## Ce que représente la Mère pour moi

Symboliquement, la Mère représente le soin, la protection, la transmission et la capacité à faire grandir.

Ces dimensions me parlent.

J’aime transmettre, créer, soutenir et construire des choses qui peuvent durer.

Mais ce qui m’attire le plus dans cet archétype dépasse la maternité elle-même.

Ce que je fantasme, c’est le foyer.

Un foyer vivant, stable, chaleureux, dans lequel chacun a sa place.

## Une envie qui remonte loin

J’ai toujours eu cette envie de famille.

Je me souviens qu’en troisième, je disais à ma meilleure amie que mon premier enfant serait un garçon, qu’il s’appellerait Giovanni et que je l’aurais à la trentaine.

À 21 ans, je suis pourtant tombée enceinte.

Le père de mon enfant souhaitait que je garde cette grossesse, mais j’avais une peur très particulière : celle d’avoir une fille.

À cette époque, je n’avais pas encore commencé le travail sur moi que j’ai entrepris à la naissance de mon fils et que je poursuis encore aujourd’hui. Ma relation avec ma mère avait profondément marqué ma représentation de la maternité et j’associais inconsciemment le fait d’avoir une fille au risque de reproduire cette histoire.

Élever un garçon ne me faisait pas peur. Élever une fille, en revanche, me renvoyait à cette peur de devenir à mon tour celle qui ferait du mal.

Je n’avais pas encore compris que je pouvais faire autrement. Je n’ai donc pas gardé cette grossesse. Aujourd’hui, j’ai avancé dans mon travail sur moi et cette peur d’avoir une fille n’existe plus.

Dix ans plus tard, j’ai eu mon fils à 31 ans.

Et cette chronologie m’interpelle encore aujourd’hui.

À l’adolescence, j’avais dit que j’aurais mon premier enfant à la trentaine. Je l’ai finalement eu à 31 ans.

Entre les deux, il y a eu cette grossesse à 21 ans que je n’ai pas menée à terme.

Je ne cherche pas à donner une signification absolue à ces chiffres, mais cette répétition du 21 et du 31 m’interpelle.

## Mon véritable « why »

Et c’est ici que l’archétype de la Mère rejoint quelque chose de beaucoup plus large dans ma vie.

Je suis une femme ambitieuse.

J’aime entreprendre, construire, apprendre, développer des projets et rechercher mon indépendance.

Mais derrière cette ambition, il existe un pourquoi beaucoup plus profond :

ma famille et mon foyer.

J’ai toujours voulu prendre soin des miens.

Je voulais un foyer qui soit un refuge, un endroit où mes enfants puissent rentrer et se sentir en sécurité. Je voulais être attentive à leur environnement, à leur bien-être physique et psychologique, les écouter, les accompagner, poser un cadre et savoir être ferme lorsque c’est nécessaire.

Je voulais aussi les grandes tablées, les repas du dimanche, les anniversaires, les fêtes, les générations qui se retrouvent. J’ai toujours imaginé une maison vivante, remplie de monde et de moments partagés.

C’est cette vie-là que j’ai longtemps imaginée. Et même si aujourd’hui je ne sais pas exactement sous quelle forme elle pourrait encore se construire, je sais que ce désir de foyer est toujours là. Peut-être avec une famille recomposée, peut-être autrement. La forme peut changer, mais le fond reste le même.

## Ce que je n’ai pas connu

Il y a enfin une dimension très concrète derrière ce fantasme.

Je n’ai jamais vraiment connu certaines traditions familiales dans mon propre foyer.

À l’aube de mes 42 ans, je réalise que je n’ai jamais vécu un véritable Noël dans mon intimité familiale.

Pas de grandes tablées de Noël, pas de traditions familiales répétées année après année.

Je l’ai connu ponctuellement dans la famille élargie, mais pas comme quelque chose qui faisait partie de mon quotidien.

Et je crois que cette absence a participé à construire cette image très forte du foyer que je porte aujourd’hui.

Cette année, si Dieu me le permet, je vais installer pour la première fois un sapin de Noël chez moi et célébrer Noël dans mon propre foyer.

Pour certains, ce sera simplement un sapin.

Pour moi, ce sera symbolique.

Parce que je ne veux pas que ce que j’ai manqué m’empêche de créer ce que je souhaite transmettre.

## La Mère que je fantasme

Je comprends donc aujourd’hui que je ne fantasme pas simplement la maternité.

Je fantasme une manière de vivre.

Un foyer dans lequel les liens comptent.

Un endroit où l’on se retrouve.

Un espace où l’on peut grandir, se tromper, revenir, être accompagné et se sentir chez soi.

Et c’est aussi ce qui donne du sens à mon ambition.

Je ne veux pas construire uniquement pour réussir.

Je veux construire pour pouvoir prendre soin.

Mes projets, ma carrière, mon indépendance et mon désir de réussite peuvent donc servir le même objectif : construire une vie suffisamment solide pour accueillir ceux que j’aime.

Au fond, la Mère que je fantasme n’est peut-être pas celle qui possède une famille parfaite.

C’est celle qui construit consciemment le foyer qu’elle aurait aimé connaître.

Naomi

Une femme, un fils, une mission. J’écris pour honorer, pour comprendre, pour laisser une trace.

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