Cette année où je me suis remise en mouvement

Mon année ne commence pas en janvier. Elle commence à mon anniversaire. Le 5 septembre, je ferme un cycle et j’en ouvre un autre. C’est mon point de départ à…

Mon année ne commence pas en janvier. Elle commence à mon anniversaire. Le 5 septembre, je ferme un cycle et j’en ouvre un autre. C’est mon point de départ à moi, le moment où je prends le temps de regarder ce qui s’est passé, ce qui a changé, ce que j’ai construit et ce que je veux désormais emmener avec moi.

Cette année, j’avais déjà raconté plusieurs morceaux de cette histoire au fil des trimestres. J’ai parlé de ce que mes six premiers mois m’avaient appris, puis de ce troisième trimestre où beaucoup de choses avaient commencé à s’aligner, et enfin de ce quatrième trimestre consacré davantage à la construction et aux choix pour la suite.

* [Ce que mes 6 derniers mois m’ont appris… et surtout ce que j’ai désappris](https://naomi-louis.bearblog.dev/131-ce-que-mes-6-derniers-mois-mont-appris-et-surtout-ce-que-jai-desappris/?utm_source=chatgpt.com)
* [Bilan de mon troisième trimestre : le trimestre où tout a commencé à s’aligner](https://naomi-louis.bearblog.dev/141bilan-de-mon-troisieme-trimestre-le-trimestre-ou-tout-a-commence-a-saligner/?utm_source=chatgpt.com)
* [Mon quatrième trimestre personnel : ce que je choisis vraiment pour les prochains mois](https://naomi-louis.bearblog.dev/142mon-quatrieme-trimestre-personnel-ce-que-je-choisis-vraiment-pour-les-prochains-mois/?utm_source=chatgpt.com)

Je n’ai donc pas envie de refaire le récit de cette année. Ces articles existent déjà. J’ai plutôt envie de prendre un peu de hauteur et de comprendre ce qu’elle a réellement représenté pour moi. Et avec quelques mois de recul, je crois que le mot qui revient le plus naturellement est celui de reconstruction.

Mais pas seulement. C’est surtout l’année où je me suis remise en mouvement.

## Je savais déjà. Cette année, j’ai expérimenté.

Il y a une nuance importante quand je regarde cette année. Je ne peux pas vraiment dire que j’ai découvert certaines choses. Beaucoup de ce que j’ai vécu cette année, je le savais déjà intellectuellement. J’avais lu, réfléchi, travaillé sur moi, cherché à comprendre mes mécanismes. Je connaissais les principes.

Mais savoir quelque chose et l’expérimenter dans sa propre vie sont deux choses complètement différentes.

Et cette année, j’ai expérimenté. J’ai expérimenté que l’action apporte de la clarté. Pas nécessairement avant d’agir, comme on pourrait parfois le souhaiter, mais souvent justement en agissant. On peut réfléchir pendant des heures à une décision, chercher la meilleure stratégie, essayer d’anticiper toutes les conséquences et attendre de se sentir prête. Pourtant, certaines réponses n’apparaissent qu’une fois que l’on a fait un premier pas.

Une action donne une information. Une expérience permet d’ajuster. Une décision permet de voir ce qu’elle produit. Et petit à petit, le chemin devient plus lisible.

Je le savais déjà. Mais cette année, je l’ai vécu. Et lorsqu’une connaissance devient une expérience, elle ne reste plus simplement une idée. Elle devient quelque chose que l’on sait réellement.

C’est probablement l’un des grands fils rouges de cette année : je n’avais pas forcément besoin de davantage de réponses. J’avais besoin d’expérimenter.

## Mon véritable défi n’était peut-être pas la liberté

Je suis quelqu’un qui aime la liberté. J’aime le mouvement, le changement, les nouvelles idées et les nouvelles possibilités. J’aime pouvoir décider, explorer et recommencer.

Pendant longtemps, j’ai pu penser que mon problème était justement cette difficulté à rester suffisamment longtemps au même endroit, à maintenir certaines choses dans la durée ou à me plier à des cadres trop rigides.

Aujourd’hui, je vois les choses autrement. Mon véritable défi n’était probablement pas la liberté. C’était la structuration.

Apprendre à donner un cadre à tout ce mouvement. Créer des systèmes, mettre de l’ordre, construire des fondations, organiser et stabiliser ce qui avait besoin de l’être sans avoir l’impression de m’enfermer.

Et ça, pour moi, c’est un vrai travail. Parce que lorsque l’on aime profondément la liberté, la structure peut facilement être vécue comme une contrainte. Cette année m’a permis d’expérimenter l’idée inverse : une bonne structure peut justement devenir ce qui permet à la liberté d’exister.

Une structure suffisamment solide pour me soutenir, mais suffisamment souple pour accompagner mon mouvement.

Je crois que c’est l’un des grands fils rouges de cette année.

## Construire sans m’enfermer

Cette question s’est finalement retrouvée dans beaucoup de domaines de ma vie. Comment construire quelque chose de stable sans perdre ma liberté ? Comment avoir un cadre sans me sentir enfermée ? Comment organiser ma vie sans la transformer en prison ? Comment avoir une direction sans avoir besoin de tout contrôler ?

Je n’ai évidemment pas toutes les réponses. Mais quelque chose a changé dans ma manière de regarder la stabilité. Je ne la vois plus comme une opposition à la liberté. Je commence à la voir comme ce qui peut lui permettre de durer.

Et je crois que c’est particulièrement important pour moi, parce que cette année n’a pas seulement consisté à construire pour moi. J’ai aussi voulu stabiliser mon fils, lui offrir un environnement plus apaisé, des repères et un quotidien dans lequel il puisse simplement grandir et être un enfant.

Et quelque part, en travaillant à construire cette stabilité pour lui, j’ai commencé à construire la mienne. Pas une stabilité parfaite. Une stabilité réelle, faite de choses très simples : un cadre de vie, des repères, une organisation, un quotidien qui ressemble davantage à une base qu’à une succession d’urgences.

Je mesure aujourd’hui à quel point cela compte. Je ne voulais plus simplement traverser certaines périodes de ma vie. Je voulais commencer à construire.

## Cette année, je me suis prouvé que je pouvais le faire

Je crois aussi que ma confiance en moi a changé de nature. Je n’ai jamais réellement pensé que j’étais incapable. Je savais que j’avais des compétences, du potentiel et des ressources. Mais il existe une différence entre savoir que l’on est capable et se prouver que l’on peut réellement faire quelque chose.

Cette année, j’ai accumulé des preuves. Pas des preuves pour les autres, mais des preuves pour moi.

Mon parcours universitaire en est probablement l’un des meilleurs exemples. Je n’avais pas le diplôme requis pour intégrer ce master, mais j’avais l’expérience, les compétences et un parcours qui justifiaient que j’essaie.

Alors j’ai essayé. J’ai monté les dossiers, défendu mon parcours, passé les épreuves et finalement été admise.

Ce qui m’a le plus marquée n’est pas seulement d’avoir obtenu cette admission. C’est ce qu’elle m’a renvoyé de moi-même. Je savais que j’avais le niveau. Ce que je ne savais pas encore complètement, c’était si j’allais réussir à faire reconnaître ce niveau malgré l’absence du diplôme attendu.

Et je l’ai fait.

Ce n’est donc pas simplement la question de savoir si je suis capable. C’est la découverte beaucoup plus concrète que je peux le faire.

Et cette nuance change beaucoup de choses.

## J’ai pris des risques, même lorsque je n’étais pas sereine

Je ne vais pas réécrire cette année en prétendant que j’ai toujours été sûre de moi. Ce serait faux. Il y a eu des moments où je me suis demandée si je faisais les bons choix, des moments où j’ai eu peur et des moments où je n’étais pas particulièrement fière de la manière dont certaines choses se déroulaient.

Mais j’ai pris des risques. Et certains ont fini par payer. Pas nécessairement immédiatement, ni toujours de la manière dont je l’avais imaginé, mais suffisamment pour me montrer que je pouvais prendre une décision sans avoir la garantie du résultat et continuer malgré tout à avancer.

C’est quelque chose que j’avais besoin d’expérimenter. Parce que lorsque l’on a passé beaucoup de temps à gérer le poids des circonstances, prendre encore davantage de risques peut sembler complètement déraisonnable.

Cette année, j’ai commencé à comprendre que le courage ne consistait pas à ne plus avoir peur. Il consistait parfois simplement à avancer avec la peur.

## Après des années où le poids des choses était trop important

Je cherche encore le mot juste pour parler de certaines années de ma vie. Je ne veux pas parler de « noirceur », parce que ce n’est pas exactement ce que je ressens.

Mais il y a eu des années lourdes. Des années où j’avais des idées, des envies, des projets et de l’ambition, mais où le poids de certaines choses était tellement important que je me retrouvais comme figée.

Ce n’était pas de la paresse. Ce n’était pas un manque d’ambition. C’était plutôt cette sensation d’avoir tellement de choses à porter que même avancer de quelques mètres demandait une énergie considérable.

Cette année, quelque chose s’est remis à circuler. Les idées sont devenues des décisions. Les décisions sont devenues des actions. Les actions ont commencé à produire des résultats, et ces résultats ont nourri ma confiance.

C’est probablement l’un des changements les plus importants de mon année. Je suis passée d’une période où beaucoup de choses existaient surtout dans ma tête à une période où je les ai progressivement mises dans la réalité.

Et quand on a longtemps eu l’impression d’être spectatrice de sa propre vie, redevenir actrice est une sensation assez particulière.

## J’ai aussi repris ma vie en main

Cette année, j’ai repris en main des choses que j’avais parfois laissées en arrière-plan : mon quotidien, mon organisation, mes finances, mon activité, mes projets et mon environnement.

Je n’ai pas tout réglé. Je ne suis pas arrivée au bout. Mais je suis devenue beaucoup plus actrice de ce qui se passe dans ma vie.

Et je crois que c’est là que se trouve une partie de ma fierté. Je ne regarde pas uniquement les résultats obtenus. Je regarde aussi la personne que j’ai été pendant le processus.

J’ai fait des choix. J’ai pris des décisions. J’ai demandé de l’aide lorsque c’était nécessaire. J’ai ajusté lorsque quelque chose ne fonctionnait pas. J’ai continué même lorsque je n’avais pas toutes les garanties.

C’est une manière différente de vivre sa vie.

## Je ne cherche plus seulement le « pourquoi »

Il y a une autre chose qui s’est renforcée cette année dans ma manière de regarder les événements.

Je crois profondément que tout ce que nous traversons peut contribuer à notre évolution, même lorsque nous ne sommes absolument pas capables de voir le positif sur le moment. Je ne dis pas cela pour romantiser les épreuves. Certaines situations font mal, certaines sont injustes et certaines sont difficiles à accepter, sans qu’il y ait forcément un « cadeau » immédiatement visible derrière.

Mais j’ai un principe auquel je reviens toujours dans ma vie : « Toutes choses concourent au bien de ceux qui aiment Dieu. »

Alors, même lorsque je ne comprends pas, je cherche. Je cherche ce que cette situation peut m’apprendre, ce qu’elle peut révéler, ce qu’elle peut faire évoluer en moi et ce qu’elle peut m’obliger à regarder autrement.

Et surtout, je suis de moins en moins dans le « pourquoi ».

Pourquoi est-ce que ça m’arrive ? Pourquoi maintenant ? Pourquoi cette personne ? Pourquoi cette situation ? Pourquoi les choses ne se passent-elles pas comme prévu ?

Je peux évidemment me poser ces questions. Mais elles ne sont plus mon point d’arrêt.

Je préfère aujourd’hui me demander : « Qu’est-ce que cette situation est en train de m’apprendre ? »

Cette question change complètement ma position. Je ne choisis pas nécessairement ce qui m’arrive. En revanche, je peux choisir ce que j’en fais.

Et peut-être que c’est aussi cela, grandir : apprendre à ne pas gaspiller les expériences que la vie nous impose.

## Comme une fleur qui éclot

Je cherche une image pour décrire cette année. La chenille qui devient papillon est jolie, mais elle ne me correspond pas complètement.

Parce que je ne suis pas devenue quelqu’un d’autre. Je suis toujours moi, avec mon caractère, mes contradictions, mon ambition, ma sensibilité, mon besoin de liberté, mon goût du mouvement, mes défauts et mes forces.

Alors peut-être que je ressemble davantage à une fleur. Une fleur qui était déjà là, qui avait déjà tout ce qu’il fallait, mais qui n’était pas encore ouverte.

Et cette année, quelque chose s’est mis à éclore. Pas d’un coup, pas de manière spectaculaire, mais progressivement, au fil des décisions, des expériences, des prises de risque, des changements et des petites victoires.

Je ne suis pas devenue une autre femme. J’ai simplement commencé à prendre davantage de place dans ma propre vie.

Et quand je regarde l’année écoulée, c’est probablement cela que je ressens le plus fortement : je me sens davantage ouverte à ma propre vie.

## Ma plus grande victoire n’est probablement pas ce que j’ai accompli

Quand je fais la liste de cette année, il y a évidemment beaucoup de choses dont je pourrais être fière : le changement de région, la reconstruction de notre cadre de vie, le parcours universitaire, les projets professionnels, les décisions que j’ai prises, les risques que j’ai acceptés, les voyages et les souvenirs créés avec mon fils, ainsi que la reprise en main de certaines dimensions de ma vie.

Tout cela compte.

Mais je crois que ma plus grande victoire est ailleurs.

J’ai changé mon mindset.

Et je ne dis pas ça comme une formule de développement personnel. Je le pense réellement.

Parce qu’on peut avoir toute la connaissance du monde, les bons outils, les bonnes méthodes, les bonnes stratégies et même les bonnes opportunités. Mais si notre manière de penser nous empêche de passer à l’action, cette connaissance reste théorique.

Cette année, j’ai travaillé sur cette partie-là : ma manière de me regarder, ma manière de considérer mes possibilités, ma manière de traverser les difficultés et ma capacité à agir avant d’avoir toutes les réponses.

Et surtout, je suis progressivement passée de « je sais que je pourrais » à « je vais essayer ».

Cette bascule est probablement beaucoup plus importante pour moi que n’importe quelle liste de réalisations, parce qu’elle change ce que je pense être possible pour la suite.

## Une année exceptionnelle, malgré tout ce qu’elle n’a pas été

Quand je regarde cette année, je vois aussi tout ce qui n’a pas été fait. Les projets encore en construction, les objectifs reportés, les moments de doute, les difficultés, les choses qui ont coûté plus cher que prévu en argent, en énergie ou émotionnellement.

Mais rien de tout cela ne diminue ma fierté.

Au contraire.

Parce que je sais ce que cette année m’a demandé. Et je sais surtout ce que j’ai fait avec ce que j’avais.

Je me suis bougée. J’ai pris des risques. J’ai construit. J’ai ajusté. J’ai appris par l’expérience. J’ai protégé ce qui devait l’être. J’ai repris certaines choses en main.

Et surtout, j’ai recommencé à croire que ma vie pouvait réellement être différente.

Pas simplement dans mes rêves.

Dans les faits.

## Je ne repars pas de zéro

Dans quelques semaines, le 5 septembre, une nouvelle année personnelle commencera.

Et je ne veux pas arriver dans ce nouveau cycle avec l’idée que je dois encore une fois devenir quelqu’un d’autre. Je veux partir de ce que cette année m’a permis de construire : une confiance plus concrète, une meilleure compréhension de mon fonctionnement, des fondations plus solides, une capacité plus grande à agir, une relation différente à la structure et une vision plus claire de ce que je veux construire.

Et surtout, cette certitude nouvelle : je peux le faire.

Je ne sais pas encore exactement ce que contiendra mon prochain cycle. Et pour la première fois depuis longtemps, cela ne m’angoisse pas particulièrement.

Parce que je sais désormais que je n’ai pas besoin de tout connaître à l’avance. Je peux avancer, expérimenter, ajuster et recommencer. Je peux chercher la clarté dans l’action plutôt que d’attendre qu’elle arrive avant d’agir. Je peux traverser une situation difficile sans forcément comprendre immédiatement pourquoi elle est là, tout en cherchant ce qu’elle peut m’apprendre.

Je peux construire de la structure sans renoncer à ma liberté. Je peux prendre soin de mon fils tout en construisant ma propre vie. Et je peux continuer à évoluer sans avoir besoin de me réinventer entièrement.

Peut-être que c’est finalement ça, la vraie victoire de cette année.

Je n’ai pas seulement changé certaines choses dans ma vie. J’ai changé la manière dont je la regarde.

Et maintenant, j’ai très envie de voir ce que je vais en faire.

Naomi

Une femme, un fils, une mission. J’écris pour honorer, pour comprendre, pour laisser une trace.

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